La cité invisible

Résultat de recherche d'images pour "la cité invisibles"

Aujourd’hui, environ six millions de Juifs vivent aux Etats-Unis, dont deux millions dans la seule ville de New-York, majoritairement dans le quartier de Brooklyn. New-York comptait au début du 21ème siècle environ 25% de Juifs. Elle était la première ville juive du monde. De l’autre côté du pont de Williamsburg, reliant Manhattan à Brooklyn, le quartier de Crown Heights abrite la Communauté Loubavitch, la plus importante du monde, ainsi que des communautés hassidiques. On a vite l’impression de vivre au 19ème siècle, dans un shtetl d’Europe de l’Est. Y-aurait-il, ici, une « Yiddish connection » ?

L’auteur de ce roman policier est Julia Dahl, américaine, fille d'un père luthérien et d’une mère juive. En 2004, elle commence à suivre les affaires criminelles pour un magazine. Aujourd’hui encore, elle poursuit son métier de journaliste indépendante. Elle couvre les affaires criminelles et judiciaires pour CBSNews.com après avoir travaillé pour le New York Post et The Crime Report. En 2014, elle publie son premier roman, Invisible City. Elle est choisie par le Boston Globe et devient lauréate du Prix Barry, du Prix Macavity, et du Prix Shamus (2015).

Pour son premier roman, quoi de plus naturel que de mettre en scène une jeune journaliste de 22 ans, Rebekah Roberts, à la recherche de sa mère dans la communauté juive Hassidique de Brooklyn. Un monde que l’on connaît peu… Et c’est justement dans le Quartier de Borough Park que tout va commencer un matin de janvier. Le cadavre d’une femme nue au crâne rasé git au milieu des ordures du quartier. Il s’agit de Rifka Mendelson. Cette femme fait partie de la Communauté hassidique de Brooklyn…, comme sa mère. New York. C’est l’hiver. Il fait très froid…

Rebekah est venue de Floride pour tenter sa chance à New York en tant que journaliste fraichement diplômée. C’est une jeune fille en quête de son passé, de sa mère qui l’a abandonnée lorsqu’elle était encore en bas-âge. La vie de cette jeune femme n’est pas trépidante. Elle cherche…, et essaie de faire la paix avec son passé grâce à une thérapie. Au niveau financier, ce n’est pas terrible non plus. Elle a besoin de travailler, et étant peu connue, son statut de « free lance » ne lui confère pas encore une notoriété ; et donc peu de revenus… Quand cette « affaire » tombe, elle pense que c’est la chance qui lui sourit à double titre. D’abord, parce qu’elle va pouvoir couvrir un crime qui ne sera pas résolu aussi vite que cela ; et donc qu’elle pourra proposer une série d'articles qui la fera connaître. Ensuite, parce justement la victime est membre de la communauté juive hassidique de New York et, de ce fait, peut-être cela lui permettra-t-il de mieux connaître la communauté. De retrouver trace de sa mère et apprendre quelque chose sur elle ?

Rebekah est tête en l’air, un peu brouillon, pas très systématique; et même pas organisée. C’est un être fragile et attachant. Le manteau sera-t-il trop grand pour elle ? Sera-t-elle à la hauteur ? Pourra-t-elle faire ses preuves ? Ira-t-elle jusqu’au bout ? Que s’est-il passé en ce mois de janvier ? Une femme dénudée au crâne rasé… Etrange. Que s’est-il passé… ?

Avec Rebekah, le lecteur suit l’enquête policière et, en même temps, s’informe sur une communauté plutôt fermée et peu tournée vers les autres. On y pénètre comme dans les livres d’Isaac Bashevis Singer.

Ce roman policier tient le lecteur en haleine. La personnalité du personnage principal nous aide à cheminer dans un quartier bien typé du « New York land ». Ce n’est pas tous les jours que les Editions Mediaspaul nous présentent un roman policier dans le monde hassidique ! Eh bien ! Bravo. C’est une réussite…

Patrice Sabater, cm

Juillet 2018

Julia DAHL, La cité invisible. Editions Mediaspaul. Montréal 2017. 295 pages. 23 €