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Le journaliste Stéphane AMAR écrit souvent des essais à charge contre Israël. Le livre qu’il publie aux Editions de L’Observatoire semble cette fois-ci porter la contradiction. Le thème de cet ouvrage est l’État palestinien qui, selon lui, ne verra pas le jour. Il explique. Il le démontre au moment où le pays vit une crise politique importante, où la Gauche est vacillante et, où le « Camp de la Paix » montre des faiblesses. Qui aujourd’hui, en Israël et en Palestine, peut promouvoir un chemin pour la Paix ?

Selon lui, non seulement les Juifs ne vont pas être minoritaires mais ils seront assez forts pour décider la continuation des implantations ou colonies, de grignoter la partie Est de Jérusalem, et seraient prêts à annexer à terme ni plus ni moins la Cisjordanie. Ils réaliseraient ainsi le grand rêve sioniste du Grand Israël en récupérant la plus grande partie de ce qui leur semble être leur héritage ancestral. On comprendra qu’une telle approche ne soit pas véritablement du goût des Palestiniens. La démographie, qui semblait être jusque-là du côté des Palestiniens, reste un lieu de débat et de théories politiques plus ou moins établies.

Dans les faits, il est vrai que jour après jour le territoire palestinien ressemble à une peau de léopard qui ne permet pas la continuité territoriale et l’autorité concrète de l’Autorité Palestinienne dans les limites qu’elle pense être sienne. Reconquérir est le maître mot. « C’est toute l’ironie de l’histoire. Alors que les tentatives de résolution du conflit tournent autour de l’occupation des territoires conquis en 1967, les Palestiniens pleurent surtout la Palestine de 1948. Celle de Haïfa, de Jaffa, de Lydda, de Ramleh (…). Aujourd’hui ces lieux sont situés au sein de l’État d’Israël internationalement reconnu. Mais pour les descendants des exilés, ces territoires font partie intégrante de la Palestine, au même titre que Naplouse, Hébron ou Ramallah. Ils n’ont pas fait le deuil de l’autre moitié de la Palestine. Ils n’ont jamais accepté la ligne verte. (…) À ce jour, si encore aucun accord territorial n’a été trouvé, c’est peut-être parce que les Palestiniens se refusent à exclure de leur patrie les grandes villes côtières, la Galilée, Lydda et Ramleh. Et que les Israéliens ne veulent plus renoncer à Sichem (Naplouse), Hébron et au mont du Temple à Jérusalem. Comme si la frontière entre les deux États devait à jamais rester introuvable. » (page 34 et page 38)

Sans Etat palestinien, il faudrait alors envisager d’en faire une minorité au sein même d’Israël, et à la seule condition que les Palestiniens acceptent de ne plus revendiquer leurs terres, le retour des réfugiés de 1948, les doits politiques et fondamentaux pour tous… On voit vraiment mal comment, du jour au lendemain, il y ait une unanimité autour d’un tel projet dans les rangs des Palestiniens ! Le temps, toujours le temps, est au cœur de ce rapport de force et de la « gestion » plus ou moins habile des imaginaires et des mythes au cœur de ce conflit. Le titre de cet essai est assurément provocateur. La politique actuelle d’Israël tendrait à vouloir sortir des ornières. Elle tente d’établir avec tel ou tel pays arabe des liens pour essayer de rapprocher les Etats et les intérêts de chacun. Stéphane AMAR semble dire que la chose serait faite à partir de son enquête, de ses observations et des éléments de réflexion qu’il en retire. Rien n’est fait ! Qui serait le bon prophète pour dire exactement ce qui va se passer demain ou après-demain ? Le monde est tellement fluctuant de nos jours qu’il peut nous réserver plus d’une surprise…

Patrice SABATER

Novembre 2019

Stéphane AMAR. Le grand secret d’Israël - Pourquoi il n’y aura pas  d’Etat palestinien. Ed. de l’Observatoire, Paris 2018. 235 pages. 18 €.