Soutenons la scolarisation des enfants réfugiés !

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Dans les rues d'Istanbul, des dizaines d'enfants de tous âges se précipitent aux feux des grandes avenues : ils accourent auprès des voitures pour demander de l'argent et de la nourriture. Beaucoup d'entre eux sont syriens et irakiens ; ils font partie de ce peuple de réfugiés - que l'on estime à environ deux millions - arrivés en Turquie pour fuir la guerre et la destruction de leurs villes. Ils vivent dans des logements de fortune, souvent des maisons abandonnées, et ont besoin de tout.

Au moment de leur arrivée en Turquie, les migrants commencent un parcours du combattant pour partir dans un autre pays – le plus souvent l'Australie, le Canada, ou les Etats-Unis, mais aussi dans certains pays d’Europe – qui commence à l'UNHCR, lequel devra statuer sur leur situation de réfugiés et, éventuellement, les réinstaller dans un autre pays. Cette procédure, extrêmement lente, peut durer des années. Dani, qui vient d'avoir son visa pour l'Australie, le confirme : "Comme beaucoup de gens arrivent d'Irak, on inscrit seulement son nom et le nombre de personnes dans la famille, et après on revient à Ankara pour s'enregistrer officiellement, et on attend un rendez vous. Et maintenant, le délai est très long pour avoir le rendez-vous : certains l'ont en 2019, 2020, 2021..." Pour le Père Andrès Calleja Ruiz qui assume la gestion du centre des jeunes Don Bosco, les politiques d'immigration des pays d'accueil ne facilitent pas les choses : "Il y a eu un ralentissement de l’acceptation des dossiers d’asile pour les Etats-Unis et l’Australie, donc le nombre de nos élèves augmente."

Comme la situation supposée temporaire de ces réfugiés a tendance à durer de plus en plus longtemps, l'école a pour but de fournir à tous ces enfants "du corridor" une éducation scolaire d'une qualité suffisante pour qu'ils raccrochent par la suite le système de leur nouveau pays. Tous les jours, ils suivent quatre cours : deux le matin, et deux l'après-midi. Toute la matinée est consacrée à l'anglais ; et l'après-midi, selon les jours, ils étudient les sciences, la géographie ou les mathématiques, l'informatique ou ont un cours de sport, de danse ou de chant. Ces enfants étant souvent en partance pour un pays anglophone, l'anglais est la matière autour de laquelle l'école s'organise : les classes sont construites en fonction du niveau d'anglais et non de l'âge des enfants. Tous les autres cours se font à partir de traductions anglaises du programme scolaire irakien. En fin de journée, les enfants suivent aussi un cours de religion, non obligatoire, puisque certains sont musulmans – une cinquantaine, selon le Père Andrés.

Loin de n'être qu'une solution d'urgence mise en place avec les moyens du bord, le centre des jeunes Don Bosco - dirigé par le Père Jacky Doyen - puise dans une pédagogie bien étudiée, celle de la Congrégation des Salésiens, dont l'éducation est la vocation première. La croyance en l'éducation par l'amour est centrale dans cet établissement. Pour Dani, tout cela se résume en une phrase qu'il énonce à voix basse comme un secret précieux : "Le secret, c'est l'amour".

Pour le Père Andrès, les éclats de rire que l'on entend dans la cour sont, après l'éducation, la deuxième raison d'être de l'école : "Beaucoup de ces enfants n’ont pas été à l’école depuis des années. Ils ont fait l’expérience de la mort, de la violence. Ici, c’est une sorte de petit paradis – c’est ce que disent les parents. Ils voient leurs enfants heureux, qui jouent, qui se comportent comme des enfants, qui dansent, qui chantent, qui sourient." Face aux expériences terribles de certains, l'école Don Bosco peut faire office de "thérapie collective": "J’ai vu un enfant qui ne parlait pas au début, qui ne cessait de tirer dans le vide... Il n’avait pas d’amis, les enseignants ne savaient pas quoi faire... Mais ce garçon, petit à petit, a commencé à changer, à parler à d’autres, à jouer au football". Si l'amertume semble être encore bien là pour Dani, enseigner à l'école lui a donné une raison de se réjouir. "Vous savez, quand on quitte tout ce qu'on a, quand on quitte sa vie, et qu'on arrive dans une nouvelle vie, et qu'on ne sait pas ce qui nous attend, au début, c'est très dur. (...) Mais quand je suis venu ici et que j'ai vu les enfants et que j'ai créé un lien très fort avec eux, je me suis senti très heureux, et comme on dit, j'ai oublié 60% des moments difficiles que j'ai vécus en Irak." Avant d'ajouter : "Ici, nous sommes comme une famille".

Une grande famille de 300 enfants demande des moyens humains, matériels et financiers importants ! Une grande partie du travail du Père Andrès consiste à les trouver. Financièrement, il se débrouille avec des donations, des aides des écoles locales, des connaissances, des amis... Pour le reste, la solidarité s'organise petit à petit, au fur et à mesure que l'école fait parler d'elle. Mais pour le moment, l’établissement vit surtout de l'énergie de quelques personnes qui s'y investissent…

L’Association « Béthanie-Lumières d’Orient » a décidé d’aider le centre des jeunes Don Bosco qui a la belle mission d’accueillir des enfants réfugiés irakiens et syriens et de les doter d’une éducation scolaire solide pour qu’ils puissent in fine intégrer sans difficulté le système de leur pays d’accueil.

Coût = 1500 euros

Sources

http://ec.europa.eu

http://www.lepetitjournal.com

http://www.santegidio.org